Échec et mat

 

Salut les bombes ! ❤
C’est un shooting qui me tenait particulièrement à cœur que je vous présente ici. Encore une fois merci à mon amie photographe Nathalie.

Je vous en parlais en février dernier, 2020 marque les dix ans de la mort du créateur Alexander McQueen. Plus qu’un designer de mode, McQueen est un artiste performeur. Il est de loin mon créateur favori et, en son honneur, j’ai nourri le projet de réaliser plusieurs shootings s’inspirant de son travail. Le premier confinement, le manque de temps et maintenant ce second confinement ont bousculé mon projet. Qu’à cela ne tienne, je le mettrai à bien dès que possible. En attendant je vous en montre le premier chapitre, réalisé tout début 2020. Le temps file !

La séance photo puise son inspiration dans le défilé et la collection Automne/Hiver 2009-2010. Nommé The Horn of Plenty (en VF : la Corne d’abondance), le défilé interroge l’héritage laissé et le rôle de la mode au sein de la société de consommation. Pastichant la Haute Couture, en particulier la maison Christian Dior, le designer a créé des silhouettes spectaculaires, surmontées de chapeaux délirants. Ces derniers, conçus par Philip Treacy, sont bien souvent réalisés avec des objets du quotidien détournés, comme des cannettes roulées dans du cellophane, des parapluies ou des abat-jours. Les mannequins déambulent autour d’un tas d’ordures, interrogeant métaphoriquement la condition de la mode prête-à-jeter.

J’ai cherché à reproduire l’esprit de la collection au travers du stylisme. Question de volumes, il y a une nette différence entre les pièces McQueen et mon look. On ne retrouve en effet pas couramment de vêtements avec une architecture semblable dans les boutiques du coin. Je me suis donc concentrée sur l‘association graphique des couleurs (ici le noir et blanc), le motif pied-de-poule omniprésent sur le défilé et quelques détails. C’est une version plus proche du corps que je propose ici. Le volume est suggéré avec les manches cloche et la collerette au cou. Les chaussures à plateformes et talons à la forme particulière, justement griffées Alexander McQueen, se rapprochent de celles de la collection. Je porte ces escarpins avec des collants pied-de-poule. Les lunettes bricolées obstruent la vue, c’est un peu ce qui remplace la décharge du décor du défilé en terme de symbolisme : la mode cache quelque chose de sombre derrière les paillettes, quelque chose d’inconfortable qu’on n’a pas envie de voir.

J’ai aussi travaillé sur une mise en beauté similaire, reproduisant une bouche laquée de rouge surdimensionnée. J’avais essayé d’effacer les sourcils en utilisant la méthode des drag queens pour retrouver l’effet bleaché des sourcils sur le défilé. La tentative est un échec mais je suis tout de même parvenue à les rendre plus clairs.

En parlant d’échec, le décor que l’on a trouvé pour mettre en scène la tenue était idéal. S’il ne ressemble pas à ce lui du défilé Automne/Hiver 2009-2010, il fait référence à celui du défilé Printemps/Été 2005. Lors de celui-ci les mannequins défilaient sur un sol lumineux qui devenait un échiquier géant. Alexander McQueen avait d’ailleurs pour habitude de créer des liens entre ses différents défilés, même quand de nombreuses années les séparaient. Une autre manière de lui faire un clin d’œil.

Enfin, à force vous savez que quand je poste un shooting ici c’est qu’il y a un lien avec l’actualité mode. En plus d’un hommage à McQueen, j’ai aussi choisi de le poster en ce moment car cette saison le motif pied-de-poule est très tendance. S’il est largement devenu un imprimé classique de la saison hivernale, c’est surtout dans son format mini sur le motif Prince de Galles qu’il est très vu. Or sur les collections de cette saison il est pas mal de fois apparu dans un format XL plus graphique, notamment chez Ashish, David Koma et Richard Quinn, des marques anglaises comme McQueen.

Malgré son classicisme le pied-de-poule peut devenir extrêmement excentrique. Son « antagonisme intégré », c’est ce qui me plaît dans ce motif. Je possède pas mal de pièces pied-de-poule dans mon dressing, de quoi faire d’autres shootings !

 

Top – Bershka
Pantalon – SheIn
Escarpins – Alexander McQueen
Collants – Calzedonia
Collerette – vintage

Sac en vinyle transparent – Mango (intérieur bricolé)
Lunettes – bricolées

 

C’est toujours avec beaucoup d’émotion que j’apprécie des yeux le travail de feu Alexander McQueen. J’aimerais aller plus loin dans mon interprétation personnelle de ses défilés qui m’ont particulièrement marquée. J’espère réaliser au moins trois nouveaux shootings pour ce projet l’an prochain. Je sais déjà de quelles collections je vais tirer l’inspiration mais chut ! je garde la surprise.

 

Connaissez-vous bien le créateur Alexander McQueen ?
Craquez-vous également pour le motif pied-de-poule ?

 


Photographe : Nathalie Bougé (site – Instagram)

Publié par

25 ans, diplômée d'un Master et Études Culturelles, passionnée par la mode et la diversité culturelle. Fashion kamikaze aguerrie et voyageuse rêveuse. ✨ Suivez-moi pour découvrir la mode sous un autre angle ! 👀

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