Red alert : Louboutin s’exhibe

 

Salut les bombes ! ❤
À l’occasion d’un récent passage express à Paris j’ai pu visiter l’exposition consacrée à Christian Louboutin.

 

Passionnée par la mode je suis par ce fait très attirée par les vêtements, mais l’article de mode qui me plaît le plus est de loin la chaussure, qu’elle soit basket, chaussure de ville, botte ou escarpin. Évidemment, ma préférence va pour les souliers haut de gamme, autant pour leur qualité esthétique que technique. Me rendre à l’exposition sur Christian Louboutin était donc un passage obligé !

Intitulée « L’exhibitionniste » ; jeu de mot entre le terme anglais « exhibition » pour exposition et le côté sensuel de la chaussure à talon ; l’exposition se tient au Palais de la Porte Dorée (Paris 12). Elle devait se tenir de février à juillet mais pour cause de Covid l’exposition a été interrompue puis décalée et rallongée. Elle est à présent visible du 12 juin au 3 janvier 2021.

 

Genèse et retour aux sources

L’exposition est exceptionnelle, il s’agit de la première jamais consacrée au créateur en France. Si elle se tient dans un lieu excentré et inhabituel pour une exposition de mode, le Palais de la Porte Dorée n’est pas un choix anodin. En effet, il est lié à l’histoire de Christian Louboutin et de sa marque éponyme. C’est à l’intérieur de ce joyau de l’Art Déco que le jeune Louboutin sera marqué par un panneau d’interdiction de porter des talons aiguille (dans un souci de préservation des mosaïques aux sols).

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glowbalfashion_louboutin_exposition_1Ce panneau aurait été décisif dans l’ambition de Louboutin à se mettre à la création de souliers. Très lié au Palais, c’est aussi dans son aquarium tropical qu’il fera photographier en cachette son tout premier modèle. On comprend alors que cette exposition n’aurait pas trouvé meilleur écrin ailleurs qu’au Palais de la Porte Dorée, abritant par ailleurs le Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie, autres inspirations pour le chausseur.

Outre la genèse de sa passion pour les talons, l’origine de la semelle rouge ; plus connue celle-ci ; est aussi contée au début de l’exposition. C’est par « accident » qu’elle aurait été imaginée : au moment où Christian Louboutin réfléchissait à un moyen de rendre un modèle moins terne, une de ses assistantes se vernissait les ongles, lui donnant l’idée de peindre la semelle extérieure de vernis rouge. La signature Louboutin serait alors née.

 

Des souliers chef-d’œuvres

L’exposition est découpée en dix parties ; que je ne vais pas détailler dans cet article pour ne pas spoiler ; dix parties où l’on découvre des chaussures aux allures d’œuvres d’art. En plus de véritables objets d’art, les Louboutins sont aussi des objets artisanaux de grande qualité. On remarque que le créateur a le souci du détail, notamment quand il s’agit de la cambrure, qui doit être parfaite. Ainsi, la forme du soulier est étudiée pour créer la même silhouette même lorsque la taille diffère. La preuve imparable : un mur de chaussures déclinées du 33 au 45 projettent exactement la même ombre (voir première photo de l’article).

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Du 33 au 45 : la cambrure est étudiée pour créer la même silhouette.

Pour parvenir à ce résultat, pas moins de cent étapes sont nécessaires ! Les Louboutins, comme toute bonne chaussure de luxe qui se respecte, sont fabriquées à la main. Leur confection est relatée dans des vidéos ludiques.

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Vitrail spécialement créé pour l’exposition par la Maison du Vitrail de Paris.

Une « salle des trésors » présente les créations les plus emblématiques. On y retrouve des pièces uniques mais aussi des silhouettes iconiques et intemporelles. Le soulier de Cendrillon conçu pour Diseny côtoie les Pensées ; premier modèle à avoir reçu la semelle rouge signature ; une botte au daim recouvert de véritables écorces de bouleau, ou encore des itérations de la Faux Cul ; escarpin à l’arrière de la cheville bombé, rappelant les faux-culs portés par les élégantes de la fin du XIXème.

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Fétichisme et imaginaire

Les chaussures à talon convoquent tout un imaginaire, une qualité mise en avant ici. Dans le cas de la marque Christian Louboutin, c’est déjà l’imaginaire du créateur lui-même. La dernière partie de l’exposition, le « musée imaginaire », regroupe un corpus d’œuvres et d’objets l’ayant nourri : un pied en marbre de Carl Cauer, des fleurs d’Andy Warhol, un moulage de Claude Lalanne pour Yves Saint Laurent, un buste « égyptien » de Damien Hirst, un bijou créé par Victoire de Castellane, une photographie de Pierre & Gilles, une autre d’Helmut Newton, une peinture d’Allen Jones… ou encore des chaussures Roger Vivier et Pierre Hardy.

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Foot of a dancer, Carl Cauer, 1856. – Smokescreen, Allen Jones, 1997.

Dans l’imaginaire, le talon aiguille, surtout s’il est couplé à la semelle rouge, est souvent associé à l’érotisme, voire au fétichisme. Un aspect naturellement développé au sein de cette « exhibition ». Il est notamment abordé avec humour dans un décor d’intérieur anglais, où des modèles à talons effilés, parfois cloutés, se glissent dans la décoration champêtre. Sur l’écran de télévision, une vidéo hilarante montre le présentateur Stéphane Bern commentant la pièce, truffée non seulement de chaussures aux accents fétichistes mais aussi d’une multitude de motifs érotiques, tapissant littéralement le salon. Les apparences sont parfois trompeuses…

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Pas de cachotteries dans la galerie exposant une série de photographies prises par David Lynch, déconseillée aux moins de 16 ans. Les images mettent en scène des créations de Louboutin pour le moins audacieuses et sortant directement de l’imaginaire fétichiste et BDSM. Des chaussures siamoises ou d’autres juchées sur des talons trop longs entravent la démarche. Des sandales aux semelles intérieures cloutées et des bottes façon barbelé infligent souffrance. Des escarpins aux talons si hauts ne sont praticables que par des danseuses classiques, certains dévoilent la plante des pieds par transparence, d’autres sont munis de cadenas…

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Une collection incarnant des fantasmes devenus, sous les mains de Christian Louboutin, réalité. De l’imaginaire du créateur à leur exécution en trois dimensions, ce sont bien des rêves palpables, enfilables que Louboutin propose. Des rêves rouges.

 

Enfiler des Louboutins c’est enfiler une seconde peau, qui selon le modèle peut être celle de notre choix. On peut décider d’être sexy en talons de 12, coquette en 8, fêtarde sur plateformes, excentrique en mules Art Déco, élégante en noir… La richesse de l’univers de la semelle rouge se découvre au fil de l’expo. Enfin, Louboutin offre même l’occasion de revêtir sa propre couleur de peau, comme le démontre la collection des nudes : une ligne permanente de souliers intemporels déclinés dans un nuancier de teintes peau. Ou le comble de la sensualité en toute discrétion.

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Je ne me souviens pas à quand remonte ma connaissance des Louboutins mais ce dont je suis sûre c’est qu’elles ont toujours été pour moi un objet de convoitise. Un fantasme de possession que j’ai assouvi il y a deux ans ; quoiqu’il compte encore une paire de Pigalle nude sur ma liste de souhaits mode. M’offrir une nouvelle paire de chaussures, Louboutin ou pas, m’a toujours fait un bien fou. J’attribue cet effet à la puissance symbolique que cet objet utilitaire de déplacement possède, comme si je comptais sur mes chaussures pour me porter au bon endroit…

 

Iriez-vous voir l’exposition ?
Sans indiscrétion, que représente une paire de Louboutins dans votre imaginaire propre ?

Publié par

25 ans, diplômée d'un Master et Études Culturelles, passionnée par la mode et la diversité culturelle. Fashion kamikaze aguerrie et voyageuse rêveuse. ✨ Suivez-moi pour découvrir la mode sous un autre angle ! 👀

Un commentaire sur « Red alert : Louboutin s’exhibe »

  1. Coucou,

    Cette expo m’avait déjà fait rêver à travers les diverses photos, mais alors là je suis « frustrée » de ne pouvoir y aller… Paris n’est pas à coté de chez moi, et en ce moment les voyages ne sont pas trop facilités. Encore 6 mois pour s’organiser. Ce n’est pas perdu.
    Tu m’ as encore plus donné envie d’y aller.
    Les nudes, un idée génial.
    Bises

    Aimé par 1 personne

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