Dior, 70 ans d’héritage

 

Salut les bombes ! ❤

Il y a très exactement 60 ans, en 1957, Monsieur Christian Dior s’éteint subitement en laissant derrière lui une décennie qui marqua la mode d’un J’adior indélébile. Les premiers pas de Christian Dior amorceront l’histoire de l’une des plus grandes maisons de couture de l’Histoire.

Fondée en 1947, la maison de Haute Couture survivra au décès de son couturier fondateur et parviendra à rester dans la course jusqu’à nos jours, portée tour à tour par des stylistes parmi les meilleurs qui parviendront à respecter l’héritage tout en l’enrichissant de nouveaux codes.

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Christian Dior, en 1948, entouré de deux mannequins.

Dior par Christian Dior (1947-1957)

Naturellement, Christian Dior posa les premiers jalons de sa marque. L’univers floral, se manifestant par les motifs floraux, la coupe corolle et le New Look, ou encore par la parfumerie, lui est directement inspiré du jardin de la maison de son enfance à Granville. Le légendaire parfum Miss Dior est lancé dès l’ouverture de sa maison, faisant de Monsieur Dior le premier couturier à lancer un parfum associé à sa marque.

Le légendaire tailleur Bar est une création du fondateur. Le pied-de-poule cher à la maison et visible sur le flacon de Miss Dior, il l’introduit dès 1948. Les couleurs rouge et rose sont déjà utilisées dans les premières collections. Le cannage, motif qui couvre le sac Lady Dior, vient quant à lui des chaises que le couturier avait choisies pour installer ses invités aux défilés. Autre emprunte sur la mode : les débuts du talon aiguille, une commande passée à Roger Vivier par Dior.

Christian Dior créa une base solide à sa maison de couture qui est déjà dans les années 50 un véritable empire de la mode. En plus d’être le premier à proposer un parfum couture, il est aussi le premier à produire lui-même ses chaussures, ainsi que sa fourrure et ses bas, entre autres. Les futurs stylistes ont des piliers sur lesquels s’appuyer pour faire perdurer la tradition Dior, auxquels chacun ajoutera ses propres ornements.

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Yves Saint Laurent dessinant une collection pour Dior en 1957.

Yves Saint Laurent, l’héritier spirituel (1957-1960)

En 1957, après la mort de Monsieur Dior, le jeune Saint Laurent prend les rennes. Assistant du couturier durant les deux dernières années de sa vie, il a déjà toutes les armes en main. Comme son mentor, il fait de l’aura féminine son inspiration première.

Il se voit couronné de succès. C’est la première fois qu’une maison de couture survit à la perte de son fondateur. L’exploit est de taille, d’autant plus qu’il s’affranchit du style de son prédécesseur en proposant un vestiaire dans l’air du temps des sixties. Les robes sont courtes, la taille n’est plus aussi marquée, c’est la ligne Trapèze, qui facilite la vie des femmes.

Malgré tout, son travail est à appréhender comme un prolongement des collections réalisées par Christian Dior. Le New Look transparaît dans l’architecture des tenues, presque conçues comme des pétales qui enrobent le corps de la femme. En 1960, Yves est appelé à faire son service militaire et sera licencié. Un an plus tard Saint Laurent crée sa propre maison.

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Marc Bohan dans les ateliers Dior en 1987.

Marc Bohan, une vision contemporaine (1960-1989)

Christian Dior voit arriver de nouveaux contours sous l’impulsion d’un grand couturier dont le nom reste trop peu connu, Marc Bohan, qui a également officié chez Jean Patou et Molyneux. De nouveaux contours, ou plutôt de nouvelles lignes.

Ainsi arrive le « Slim Look », inspiré par la femme contemporaine et qui contribuera à son émancipation. Dans les seventies il apporte un style androgyne, avec des pantalons et T-shirts pile dans la tendance hippie. Il fait rayonner la Haute Couture et reçoit même deux Dés d’or, plus haute distinction du secteur.

Marc Bohan fait considérablement évoluer la marque Dior durant les trente années (28 exactement) où il y est directeur artistique. Il lance aussi la ligne pour homme, Christian Dior Monsieur. C’est également lui qui sera le premier à dessiner les lignes prêt-à-porter Dior. L’entreprise est désormais un mastodonte dans l’industrie et n’en finira pas de se développer avec les futurs directeurs.

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Gianfranco Ferré lors d’un défilé Haute Couture en 1994.

Gianfranco Ferré, Dior à l’italienne (1989-1996)

Le seul exploit chez Dior de Gianfranco Ferré n’est pas uniquement d’être le premier styliste étranger à passer aux commandes de la maison, en 1989. Premier coup d’éclat : sa première collection, hommage vibrant au fondateur qui lui vaudra d’ailleurs même de remporter un Dé d’or.

Avec un tel départ, Ferré ne pouvait que contribuer à son tour à faire grandir encore davantage la maison. Avec lui, la femme Dior devient exubérante, elle est même  baroque. C’est la Haute Couture fastueuse.

Broderies, crinolines, traînes kilométriques, décolletés pigeonnant, sequins, ports de reine, volumes architecturaux, le designer semble avoir apporté toute la sensualité de la mode italienne dans ses bagages jusqu’aux ateliers Dior. Nul doute qu’il ait grandement inspiré son successeur… Un certain Galliano.

John Galliano, Dior spectaculaire (1996-2011)

La silhouette de lutin et l’allure de dandy de John Galliano apparaîssent à la fin des défilés à partir de 1996. Dior est alors l’un des défilés les plus courus, plus uniquement pour ses collections mais pour ses mises en scènes spectaculaires, à l’image de Galliano.

Le designer est aussi connu pour son côté provocateur et sulfureux. Comme pour sa propre marque, il adapte le style porno-chic à la maison Dior. Il utilise le nude comme Jean-Paul Gaultier, façon lingerie seconde peau, n’hésite pas à montrer de la peau par transparence ou de faire se dérouler un défilé dans un décor de bordel luxueux. Malgré les scandales, le styliste anglais redore la Haute Couture au fil des ans. La prestigieuse Haute Couture est en effet en perte de vitesse à l’aube du troisième millénaire.

C’est avec fracas que se passe son départ prématuré en 2011. Quelques semaines après la diffusion d’une vidéo le montrant alcoolisé et proférant des propos antisémites, le PDG de Kering, groupe possédant la maison depuis 1984, annonce son licenciement. La dernière collection par John Galliano sera clôturée par le salut des petites mains.

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Raf Simons, son dernier salut pour la maison Dior.

Raf Simons, le minimaliste (2012-2016)

Après de nombreuses rumeurs soufflant divers noms comme celui d’Alexander Wang, c’est Raf Simons qui se voit nominé en 2012. Le belge s’était fait remarqué chez Jil Sander pour son minimalisme et sa modernité affûtés.

C’est donc presque un changement brutal et radical qui s’opère. Entre l’opulence John Galliano et l’épure Raf Simons, il y a tout un monde. Comme Gianfranco Ferré, il présentera une première collection qui reprend les codes stylistiques instaurés par Christian Dior. Le succès n’est pas tout à fait immédiat mais il faudra moins de quatre ans à Raf pour s’imposer comme l’un des stylistes les plus « starifés » du moment (à côté de son travail chez Dior, il signe des Stan Smith pour Adidas et il peut aujourd’hui se targuer d’avoir un morceau d’A$AP Rocky en son honneur). Quatre courtes années qui auront suffi à cicatriser la blessure laissée par le départ de Galliano.

À l’héritage, Raf apporte de la fraîcheur au vestiaire de la femme Dior. On peut comparer son travail à Yves. Comme lui il allège la silhouette. Les coupes semblent faites au laser, il privilégie plutôt quelques détails sophistiqués à un avalanche de fioritures. Un parti pris que l’on retrouve un peu avec la nouvelle tête de la direction artistique…

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Maria Grazia Chiuri, première femme à la tête de Dior.

Maria Grazia Chiuri, Dior féministe (depuis 2016)

C’est en 2016 que la styliste italienne est nommée directrice artistique des collections femmes Christian Dior. Elle devient ainsi la première femme à la tête de la création de la maison.

Ce n’est donc sans doute pas un hasard si la femme Dior clame désormais haut et fort son féminisme, à coups de T-shirts aux messages engagés et de fringues girly mais badass. Parmi les nouvelles venues dans le dressing Dior, au hasard : résille romantique pour la collection été 2016, zips sportswear pour l’hiver 2016-2017, tenue inspirée de l’escrime pour l’été 2017, vestiaire de cowgirl pour cet automne ou encore combinaison façon motarde pour l’été 2018.

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Final de la collection Printemps/Été 2017.

On retrouve aussi dans la femme Dior dessinée par Maria Grazia Chiuri une facette tomboy. Cette facette était en fait déjà introduite par Monsieur Dior, avec l’intégration de codes masculins dans le vestiaire féminin comme les imprimés pied-de-poule et Prince-de-Galles, puis par Bohan plus librement. Outre les fondamentaux Dior, la designer a su aussi intégrer les nouveaux code Dior, ceux dessinés par Saint Laurent, Bohan, Ferré, Galliano et Simons avant elle. La femme Dior honore aujourd’hui tous ceux qui l’ont façonnée, le parfum Miss Dior originel marquant toujours son sillage.

 

Quelle facette de Dior préférez-vous ?

 

Principales sources : Vogue Paris octobre 2017 ; Le Costume. La haute couture de 1940 à nos jours. (Éditions Flammarion) ; 365 histoires pour être bien dans ses baskets, Catherine Jazdzewski.

 

Christian Dior (1905-1957)

Publié par

25 ans, diplômée d'un Master et Études Culturelles, passionnée par la mode. Fashion kamikaze aguerrie et voyageuse rêveuse. ✨ Suivez-moi pour découvrir la mode sous un autre angle ! 👀

5 commentaires sur « Dior, 70 ans d’héritage »

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