Louis Vuitton au Brésil : un cocktail tropico-futuriste

 

Louis Vuitton a posé sa malle à Rio le 28 mai dernier pour sa collection croisière 2017 – nous offrant donc cette année un second défilé de luxe français en pays latino-américain (après Chanel à Cuba) – et prouve que la marque est elle aussi pile dans l’air du temps.

Le Brésil, un pays tendance

J’en ai déjà parlé, le Brésil, et plus largement les pays latins qui fleurent bon le soleil, sont une grande inspiration du moment, et notamment grâce aux Jeux Olympiques qui se dérouleront cette année au Brésil, dans la continuité de la dernière Coupe du Monde de football qui s’était déroulée elle aussi dans ce pays d’Amérique du Sud.

Après Marc Jacobs qui a en quelque sorte posé les fondations de l’identité vestimentaire de Louis Vuitton en tant que premier directeur artistique du prêt-à-porter de cette marque, Nicolas Ghesquière qui lui succède depuis 2013 (après une quinzaine d’année à redonner souffle à la maison Balenciaga), prouve avec son côté avant-gardiste que le mongramme LV est définitivement celui d’une maison qui s’inscrit dans une réelle modernité et qui sait surfer sur les tendances avec brio.

La majorité des tendances de l’été 2016 tournent en effet autour du Japon et du Brésil, or Nicolas Ghesquière est parvenu à conjuguer les deux. Il a présenté une collection été 2016 entre la Sci-Fi et le manga, une collection hiver 2016-2017 sportive qui flirte avec le classique comme avec le futur, et à présent un défilé à Rio pour une collection croisière 2017 qui rend hommage au Brésil tout en ne quittant pas sa ligne de conduite très futuriste et moderne, un brin japonisant. Un mix détonnant.

Cocktail et légèreté

D’ailleurs, le cocktail est plus que jamais tendance. Entre autres cocktails ultra trendy, deux célèbres cocktails latins ; la piña colada de Porto Rico, et le mojito, d’origine cubaine (Karl tu as vraiment tapé dans le mile avec Coco Cuba). Ce dernier est devenu un grand classique du cocktail et sa saveur se retrouve même dans les sodas sans alcool (7up, Finley et Schweppes), qui s’inscrivent dans la vague du « low alcohol ».

Cette tendance prouve bien un phénomène ; nous avons besoin de garder le contrôle tout en éprouvant une certaine légèreté.

Et c’est de ça qu’il est peut-être question dans cette collection qui se veut très aérienne. Non seulement le défilé se déroule au Museu de Arte Contemporânea de Niterói dont le bâtiment imaginé par l’architecte Oscar Niemeyer peut faire penser à un vaisseau spatial (encore un rattachement à l’univers Sci-Fi dont Nicolas Ghesquière est fan), mais en plus les vêtements évoquent des voiles dansantes, virevoltant librement sur le corps, balayant les jambes au gré des pas.

Ces pièces semblent se mouvoir librement sur les corps mais elles sont en même temps sous contrôle, car on peut les zipper et les dézipper à l’envie. Elles sont à porter avec la même désinvolture que lorsqu’on boit un mocktail (cocktail sans alcool), garantie sans gueule de bois.

 

 

Sportswear grand luxe

C’est donc avec punch que se déroule le défilé, avec des looks sportifs et aérodynamiques comme des bolides – on reconnaît d’ailleurs sur certaines pièces l’imprimé damier qui évoque les courses de voiture.

On remarque le bas de jogging (en version short également) fendu sur la jambe, avec revers monogrammé LV – le summum du jogging de luxe. Aux pieds en revanche ce sont plutôt des tongs sportives (ou tech-tongs) que des running shoes que nous retrouvons. Pas non plus de couleurs néon, d’avantage de couleurs sobres comme du noir et du blanc, ou bien des couleurs primaires et secondaires, comme sur sur ces anoraks ultra-désirables. Sportif oui, mais de façon inattendu.

 

 

 

Performance du vêtement

Les coupes et matières font référence au travail du plasticien brésilien Hélio Oiticica, notamment sur les robes qui ouvrent le défilé. L’artiste est connu pour ses performances dansantes avec ses « parangolés », des vêtements changeables qu’il a créés dans les 60’s.

On retrouve cette caractéristique de la modulabilité des vêtements dans cette collection, avec des fermetures Éclair à zipper à l’envie. Cette référence artistique se retrouve aussi dans le modernisme des pièces, leurs superpositions et les associations de matières qui sont parfois audacieuses.

 

 

 

Robes qui évoquent des cerfs-volants, longue traîne qui succède le passage d’une silhouette, volants sur les hanches ou la poitrine, lanières qui flottent, tissu fin qui réagit au vent, cheveux qui virevoltent… Beaucoup de rappels au vent et à la légèreté, qui coupent le souffle autant que le cadre avec vue sur la baie, Rio de Janeiro de l’autre côté de la rive, le Pain de Sucre qu’on aperçoit en arrière-plan.

La femme du Brésil comme ultime inspiration

Le défilé est en partie filmé par des drones, énième renvoi à l’aérien et à la modernité, et a nécessité l’intervention pour le moins inhabituelle d’un chamane qui a eu pour tâche de protéger le lieu du mauvais temps, voilà pour le côté tropical et tradi.

Les références au Brésil sont donc multiples et il ne faut pas les chercher dans le carnaval de Rio ou dans la mixité sociale, ce serait bien trop évident.

La collection croisière 2017 Louis Vuitton tire d’avantage le portrait de la femme brésilienne, une femme pleine de punch, amatrice de sport et de soins beauté (voir les sublimes crinières bouclées sur certains mannequins qui défilent), une femme qui aime prendre soin d’elle et qui a conscience de la sensualité de son corps, et qui ne se cache d’ailleurs pas de sa féminité.

C’est une femme bien dans ses tech-tongs et qui s’y connaît en mode, comme le démontrent ses superpositions et ses assemblages modernes de pièces.

 

 

 

Tandis que Karl Lagerfeld pour Chanel rendait un hommage plutôt tourné vers l’histoire et les grands symboles de Cuba, Nicolas Ghesquière pour Louis Vuitton s’est ici tourné d’avantage vers une vision optimiste de la femme brésilienne, qu’on envie et dont on adopte de ce pas le lifestyle.

On s’inspire donc de la collection croisière de l’an prochain, et on mixe ainsi bas de jogging et top cropped romantique, anorak et petite robe noire ou néo-rangers, ou encore veste en cuir et fourrure et tongs sportswear.

Pour finir, on se prépare un cocktail latin avec ou sans alcool.


Et voilà j’affirme enfin une diversité plus affirmée dans les maisons de mode, j’essaye d’éviter le « coco-favoritisme ». Je sais bien qu’il s’agit encore d’une marque inabordable pour le plus grand commun des mortels (incluant moi-même), mais la plupart des vêtements que l’on trouve dans le mass market sont inspirées de ces collections, je trouve donc plus judicieux d’aller à la source, surtout quand ça fait rêver en prime ! 😉

Comment trouvez-vous la collection ?



Crédit photos : images tirées de Vogue Paris.

Publié par

23 ans, étudiante en master Etudes Culturelles, passionnée par la mode et la diversité culturelle. Fashion kamikaze aguerrie et voyageuse rêveuse. ✨ Suivez-moi pour découvrir la mode sous un autre angle ! 👀

4 commentaires sur « Louis Vuitton au Brésil : un cocktail tropico-futuriste »

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